Images en relief

Tout en 3D

Travelling


Ne bougeons plus !

S'il est une technique qui allie la simplicité de mise en œuvre avec l'excellence des résultats, c'est bien celle du "Travelling" transversal qui permet d'obtenir des couples de photos stéréoscopiques avec un seul appareil photo mono-objectif et de plus, "sans bouger" d'un pouce...

Elle consiste à prendre une série de photos du paysage, sans bouger, depuis une plate-forme mobile, un autocar, un train, un bateau, un avion de ligne, un ULM, un deltaplane, un parapente, un cerf-volant, un ballon, un dirigeable, une navette spatiale ou un satellite...

Il suffit de viser un objet lointain et de déclencher plusieurs fois de suite, avec un appareil motorisé, évidemment, pour conserver le cadrage : le fait de ne pas bouger soi-même garantit une excellente stabilité. Dans tous les cas, il faut éviter d'avoir des premiers plans rapprochés, et il ne faut pas non plus qu'il y ait dans le paysage des objets eux même en mouvement.

Plutôt deux fois qu'une !

Il est par contre pratiquement impossible d'évaluer la distance dont s'est déplacé l'appareil entre deux prises de vue. Elle dépend de la vitesse de déplacement et de la durée de la pause (et non de le pose...) entre les deux photos.

Il faut faire avec... Si on hésite sur la durée, on peut essayer de prendre trois ou quatre photos de suite, en rafale.

Jamais deux sans trois !

Il ne faut pas non plus que la plate-forme soit trop instable. Dans le cas d'un bateau, il faut que la mer soit bien plate et qu'il n'y ait ni tangage, ni roulis, ou bien il faut synchroniser les prises de vue avec son mouvement, en attendant que le bateau ait pris la même assiette. Evidemment, la surface de l'eau a bougé entre les deux photos, mais l'effet n'est pas désagréable.

Les essais que j'ai effectués depuis une Vedette de Plaisance, dans les célèbres Calanques de Cassis, depuis un Bateau Mouche, le long des Quais de la Seine, ou depuis un Avion de Ligne, à travers le hublot et au-dessus des Alpes, montrent qu'il n'y a que le résultat qui compte et que rares sont les loupés.

Au pire, vous n'aurez que deux simples photos du même sujet, et s'il méritait d'être photographié, cela fera un beau doublé...

Il faut toujours voir le bon côté des choses !


Le "Grand Bleu" en "3D".

Et puis, je ne me suis jamais découragé, et j'ai tiré un enseignement de mes échecs.

Ainsi, j'ai vite abandonné l'idée de faire des photos sous-marines en stéréo avec un seul appareil photo étanche mono-objectif en me laissant dériver dans le courant.

C'est que, dans la mer, tout bouge, les algues, les gorgones et même les éponges, sans parler des poissons ou des autres plongeurs...

Et même si rien ne bouge sous l'eau, les rayons du soleil déviés par les ondulations de la surface sans cesse agitée créent des ombres fluctuantes interdisant d'avoir un éclairage uniforme et identique lors des deux prises de vue.

De plus, d'une photo à la suivante, il est impossible de conserver la même attitude : on pivote en permanence, au moindre geste, exactement comme les cosmonautes en apesanteur dans l'espace. Ce n'est pas pour rien qu'ils subissent un entraînement en piscine !

C'est ce qui m'a conduit à utiliser deux appareils de photo étanches mono-objectif motorisés et de construire un bâti pour les synchroniser.

En attendant l'appareil stéréo étanche de mes rèves !


L'Espace en stéréo.

Et puis, comme on parle de l'Espace, il ne faut pas oublier les photos en stéréo de la Terre prises par les Satellites d'Observation, par Skylab, par la Navette Spatiale comme au-dessus de Cañon du Colorado ou encore celles prises par la station MIR et maintenant l’ISS ou bien encore les photos prises par les Sondes Lunaires ou Martiennes.

Et le petit Robot martien Sojourner déposé par Pathfinder a ramené une moisson d'images qui ont permis de créer un véritable modèle à trois dimensions de son environnement désertique, pendant que d'autres sondes en orbite prenaient des vues permettant de reconstituer en "3D" les Sommets et les Vallées de la planète Mars. Leurs successeurs Spirit, Opportunity et Mars Orbiter ont fait mieux encore.

On peut même obtenir de surprenantes photos en stéréo de la planète Jupiter et de ses Satellites avec un télescope situé à la surface de la Terre en attendant simplement que leur rotation ait modifié le point de vue.

Plus proche de nous, c'est par des photos aériennes prises d'avion ultra-stables, les HUREL DUBOIS à aile à grand allongement, que la couverture photographique de la France a été réalisée par l'Institut Géographique National (IGN), le relief étant restitué sur les cartes géographiques par stéréophotogrammétrie.

Et maintenant, ce sont les Satellites, comme SPOT, qui ont pris la relève cette fois pour la Terre tout entière.

C'est l'Hyper Espace !


Déplacement

La technique du Déplacement s'apparente à celle du Travelling transversal puisqu'on n'utilise qu'un seul appareil photographique mono-objectif qu'on déplace latéralement entre les deux prises de vue. Mais là, c'est le photographe qui assure la translation en se déplaçant sur le coté.

C'est la technique qu'on doit utiliser pour créer un effet d'Hyper Stéréo, lorsque la valeur de l'écart entre les deux positions extrêmes de l'appareil photographique dépasse celle qu'on peut faire en "se balançant". C'est aussi la technique qu'il est nécessaire d'utiliser lorsqu'un obstacle empêche de bouger l'appareil, par exemple lorsqu'on prend des photos à travers les meurtrières d'un rempart ou les fenêtres d'un chateau...

Un exemple fameux, c'est le " saut de puce " effectué par une sonde Lunar Surveyor sur la Lune, au bout d'un "an", pour pouvoir reprendre des clichés du paysage dans les mêmes conditions d'éclairement, alors qu'elles n'était pas équipée d'appareil de prise de vue stéréo et n'avait pas d'autre solution pour se déplacer que de rallumer leur moteur fusée...

Une autre solution consiste à placer l'appareil sur un Pied photo muni d'un banc à crémaillère dont le chariot mobile peut se déplacer latéralement. C'est une technique utilisée pour la macro-photographie. Elle peut aussi nécessiter le pivotement de l'appareil autour d'un axe vertical pour assurer le cadrage dans le cas d'un objet assez proche.

Plus simplement, mais seulement quand les conditions le permettent, on peut placer l'appareil sur un dispositif pivotant autour d'un axe passant par l'objet à photographier. L'axe peut être vertical, par exemple pour photographier une plante en pot, ou bien horizontal, par exemple pour photographier un minéral ou un fossile posé sur une table ou sur le sol.

A la limite, on peut laisser l'appareil photographique fixe et faire tourner l'objet lui-même devant lui, soit sur un plateau tournant, avec un axe vertical, soit sur une tablette basculante, avec un axe horizontal. Mais il faut que le dispositif d'éclairage suive le mouvement, si on ne veut pas que les ombres soient modifiées entre deux prises de vue.

Mais dans tous les cas, il faut que l'objet reste parfaitement immobile pendant les prises de vues. C'est facile pour un caillou, déjà délicat pour une plante, très difficile pour un lézard ou un insecte...

Bon pied, bon œil !


La technique du "déplacement".

Contrôlez d'abord le cadrage, sans bouger.

Technique du déplacement.

Faites un pas vers la droite et déclenchez une première fois.
Revenez au centre en surveillant soigneusement le cadrage.
Faites un pas vers la gauche et déclenchez une deuxième fois.

Deux petits pas pour l'homme. Un pas de géant pour la stéréo !
C’est la méthode "cha-cha-cha".


Balancement

La technique du Balancement s'apparente encore à celle du Travelling transversal puisqu'on n'utilise toujours qu'un seul appareil photographique mono-objectif qu'on déplace latéralement entre les deux prises de vue.

Là encore, c'est le photographe qui assure la translation, mais elle ne dépasse pas quelques centimètres, et il peut rester cette fois sur place, sans bouger les pieds d'un pouce...

Il suffit de porter le poids de son corps sur une jambe, puis sur l'autre, alternativement, en conservant le buste bien droit pour maintenir l'appareil de photo bien horizontal. Lorsque le sujet est bien cadré dans le viseur et l'amplitude du balancement correctement évaluée, il suffit de déclencher une première fois lorsque le buste est complètement à gauche et une seconde fois lorsqu'il est complètement à droite. Cette technique ne peut être utilisée que pour des sujets assez proches et en principe immobiles. Toutefois, si on procède assez rapidement, on peut tenter de photographier des personnages à condition de leur avoir demandé de prendre la pose ou d'être assuré qu'ils n'ont pas de raison de bouger.

Moi, je m'balance !


La technique du "balancement".

Contrôlez d'abord le cadrage, sans bouger.

Technique du balancement.

Balancez-vous à droite et déclenchez une première fois.
Revenez au centre en surveillant soigneusement le cadrage.
Balancez-vous à gauche et déclenchez une deuxième fois.

C’est la méthode "cha-cha".


Commentaires

Il ne faut pas confondre la technique du Travelling transversal où le photographe se déplace latéralement avec la technique du Travelling longitudinal utilisée au cinéma et à la télévision où la caméra s'éloigne ou se rapproche du sujet, soit de façon "mécanique", sur des rails ou depuis un hélicoptère, ce qui modifie la perspective, soit de façon "optique", sans bouger, en utilisant un zoom, ce qui ne modifie pas la perspective.

Avec la technique du Travelling transversal, le photographe et son appareil sont en mouvement permanent et on n'a guère le choix sur le cadrage et l'instant de déclenchement.

Avec les techniques du Déplacement ou du Balancement, les deux prises de vues sont effectuées à l'arrêt. On a donc tout le temps pour viser et recadrer avant de déclencher.

Vise deux fois et cadre une fois !


                                      

Gauche ! Repos... Droite ! Repos...


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