Faire de la photo stéréo, c’est à votre portée. De nombreuses possibilités s’offrent au stéréoscopiste débutant.

La prise de vues "normale"

Elle n’est pas plus "normale" que d’autres, mais seulement plus simple, plus facile à réaliser. L’image apparaît comme ce que vous avez vu au moment de la prise de vues. Elle s’étend dans l’espace, de deux ou trois mètres jusque très loin (au-delà de cent mètres, il n’y a plus beaucoup de relief). Trois méthodes :

1. Prenez une première vue, déplacez-vous sur le côté et visez bien les deux fois dans la même direction (prise de vues "en deux temps", réservée aux sujets parfaitement immobiles) ;
 2. Utilisez un appareil "stéréo" à deux objectifs : un appareil que vous arriverez à trouver d’occasion ;
 3. Fixez côte à côte deux appareils identiques et déclenchez-les en même temps ; divers dispositifs existent pour la fixaton et la synchronisation  du déclenchement .

On peut aussi faire autrement.

Vous pouvez réaliser d’excellentes vues en relief d’objets très grands, s’étendant sur des kilomètres (montagnes, formations nuageuses, astronomie,...). On arrive à voir très bien le relief, mais les objets représentés paraissent très petits. Les deux vues sont prises de points très écartés.
Vous pouvez de même réaliser d’excellentes vues en relief d’objets très petits (fleurs, insectes, même microscopiques (vues au microscope optique ou électronique), et voir ces objets très agrandis en projection en relief, c’est ce qui est habituellement appelé "macrostéréoscopie". Les deux vues sont prises de points très rapprochés. Vous pouvez aussi réaliser d’excellentes vues en relief d’objets trop éloignés, inaccessibles. Les deux vues sont prises de points plus écartés avec une focale plus longue qu’habituellement.
De nombreux articles du Bulletin du S.C.F. ont été consacrés à la description de méthodes ou d’équipements adaptés à ces prises de vues particulières, réalisés par des membres du Club.

Nous recommandons particulièrement les procédés de Charles Couland (Bulletin S.C.F. n°736), de Roger Huet (Bulletin S.C.F. n° 798), de Joel Zipper (Bulletin S.C.F. n° 749).

Les moyens d’observation en relief

Vous avez remarqué qu’on peut arriver à voir des images en relief sans aucun instrument, en "vision libre" (parallèle ou croisée). Cette méthode a évidemment ses limites. On trouve dans le commerce spécialisé des stéréoscopes de plusieurs sortes, soit pour vues imprimées, soit pour écran ordinaire (ordinateur tablette, téléphone). Nous avons déjà parlé des anaglyphes, visibles en relief au moyen de filtres colorés , et des réseaux lignés et lenticulaires .Voir l'article : Voir en relief des stéréos sur papier ou sur écran. Enfin, le procédé le plus performant, le plus confortable et le moins contraignant pour voir en relief est la projection soit en lumière polarisée, soit en alterné. C’est ce qui se fait en particulier lors des séances de projection du Stéréo-Club Français. Il existe encore beaucoup d’autres moyens de voir en relief.  Il existe encore des téléviseurs 3D à lunettes actives ou passives (polarisées). Et l'on trouve des téléphones et tablettes à écran autostéréoscopique, qui permettent de voir le relief sans lunettes.

Pour obtenir des images regardables, il est nécessaire de monter les photos.

Cette activité est la plus délicate de celles du stéréoscopiste amateur. En effet, le spectateur d’une projection ne tolèrera pas que les photos présentent un décalage vertical, ni que des premiers plans trop proches soient coupés par les bords des images. Il est donc essentiel d’aligner les 2 photos droites et guche De nombreuses erreurs sont possibles au cours de cette opération. Les séances techniques du Stéréo-Club Français vous apprendront à réaliser cette opération, avec le logiciel nécessaire (SPM)

Quelques défauts à éviter

Une description résumée des différentes sortes de défauts, qui à eux seuls empêcheraient une restitution confortable du relief, ne tient pas dans une page. Citons par exemple :

 le décalage vertical ;
 l’excès de profondeur de relief ;
 l’absence de premiers plans ;
 un effet de maquette excessif ;
 un étirement excessif de l’image ;
 le décalage en rotation ;
 le jaillissement sur les bords ;
 les éléments visibles sur une vue et pas sur l’autre ;
 les inversions du relief ;
 des éléments ayant bougé entre les deux prises de vues ;
 une disparité excessive de couleurs ;
 une disparité excessive de luminosité ;
 les "images fantômes".

Cette liste n’est pas exhaustive. Adhérez au Stéréo-Club Français, vous apprendrez progressivement, par la lecture de la Lettre et par les séances techniques, à bien maîtriser ces défauts et à réaliser des stéréos impeccables.