Les organisateurs de l'ISU - Code, demandent que l'on ne dépasse pas 3,5% de parallaxe à l’infini.(en fait sur les plans les plus éloignés)
Pourquoi cette demande, et comment préparer ses images.

Pourquoi ?

Pour éviter de gêner trop de spectateurs pour une projection sur un écran un tant soit peu large.
La parallaxe "à l'infini" correspond à l'écart des points homologues les plus éloignés.
On peut voir cet écart en enlevant ses lunettes et en repérant des point caractéristiques (clocher, bord d'un bâtiment, d’une silhouette, ...)
Dès que l'on montre des images stéréo sur un écran un peu grand, plus que celui d'une TV 3D ordinaire, de grands écarts obligent le spectateur à un strabisme divergeant.
Cela est admis par certains, du moins dans une certaine limite angulaire, d'autres sont très vite gênés...
Avec un écran de 2m de large, et 3,5% on a un écart de 7cm ce qui est un peu plus que l'écart moyen des yeux
et nécessite déjà une certaine divergence, que d'aucuns trouvent admissible si on n'est pas trop près de l'écran.

Plusieurs stéréoscopistes estiment qu'il faut respecter les petites têtes notamment les enfants et préconisent des limites beaucoup plus drastiques.
Une méthode largement utilisée en projection polarisée avec 2 projecteurs est la fenêtre flottante, les 2 images des 2 projecteurs sont décalées et le cadre de l'image semble flotter en avant de l'écran.
Avec un projecteur unique, on peut utiliser les fonctions de décalage des images des logiciels SPM (image fixe) Stereoscopic player ou Bino (vidéo).
L'équivalence stricte avec une fenêtre flottante est obtenue avec des images de ratio largeur/hauteur très légèrement inférieur à 16/9 et des petites bandes noires sur les côtés (cas fréquent).
Stereoscopic player a une fonction directe de fenêtre flottante réelle :(menu ; Présentation,> Viewing Method Options > Floatting Window)

Comment ?

Ensuite, il faut se mettre dans un contexte de visualisation qui permette de mesurer l’écart des points homologues situés à l’infini ou ce qui en tient lieu dans l’image concernée.
On peut le faire en affichant le couple sur un téléviseur 3D (sans mettre les lunettes) ou en anaglyphe dans SPM.
Mesurer la largeur de l’écran sur lequel on affiche le couple, et découper une bandelette de papier (ou de bristol) dont la largeur est égale à 3,5% de cette largeur.
Par exemple, si la largeur utile de mon écran de portable est de 32 cm, ma bandelette de contrôle aura 1,12 cm de large (je ne garantis pas le dixième de mm ;o))).

Ce système est très pratique, puisqu’on fait le calcul une fois pour toute sans être obligé de ressortir le double décimètre à chaque fois.
Thierry Mercier indique : "J’en ai fait pour mes deux écrans d’ordinateur et ma télé 3D.
J’en ai même fait une spécifique pour le montage manuel sous SPM car, dans ce cas, la fenêtre d’affichage de l’image ne prend pas toute la largeur de l’écran."

Quand on utilise la fonction d'alignement automatique de SPM, on peut utiliser un paramétrage du menu "Edition > Préférences > onglet Ajustement" :
Dans la liste déroulante choisir "Utiliser la déviation (% de la largeur de l'image) suivante :" et rentrer "3.5" dans la zone %.
Cela est utile pour des scènes ayant des arrière-plans notables, cela permet alors au spectateur de les voir à une position constante en profondeur.

Il faut aussi vérifier que l'image ne viole pas la fenêtre car c’est également mal vu par l’ISU.
En revanche, s’il y a du jaillissement c’est OK pourvu qu’il ne soit pas trop fort.

Remarque sur les images plus "carrées" que 16/9
La limite des 3,5% concerne des images destinées à être présentées au format 16/9;
dans certains cas des images plus "carrées" sont complétées par des bandes noires des 2 côtés (il y a une fonction pour cela dans SPM).
Les 3,5% s'appliquent à l'image munie de ces bandes noires,
On peut calculer le % correspondant hors bandes noires (ex : 4,6% pour un ratio 3/2 cf. pellicules 24x36 mm).
Et surtout la bandelette de papier est un outils simple qui évite tout calcul...