François Lagarde : exemple sur les stéréos de Fernand Baldet (astronome).

Ce document retrace les étapes suivies pour numériser et traiter les stéréos de Fernand Baldet (astronome) qui ont été publiées sur le site du SCF (Album 3D selection et Base Archives).

Il ne s'agit que d'un exemple car nombre de méthodes utilisées ont des alternatives. Certaines de ces alternatives sont mentionnées.
Pour numériser et traiter ces stéréos j'ai utilisés les explications données dans les documents du SCF, voir : Numériser et traiter des plaques de verre et diapositives

Plan :

    1. Organisation
    2. Numérisation
    3. Equilibrage densité et nettoyage
    4. Ajustement stéréo et cadrage
    5. Publication.

La partie Equilibrage densité et nettoyage donne accès à 3 tutoriels
sur l'équilibrage des densités de gris ou "Régler l'éclairage",
sur le filtre anti-poussière,
sur le tampon de duplication et le correcteur localisé.

1) Organisation :

Numérotation des sources : Auteur- boite-vue.

Normalement : 3 lettres pour l’auteur (comme dans une bibliothèque),
Héritage de novice : j’ai pris ‘Ba’ au lieu de ‘BAL’ pour Baldet
Puis numéro de boite, puis numéro de vue dans la boite ; séparés par ‘_’. Ex : Ba_0046_010.jpg
(ma numérotation des boîtes résulte de débuts de numérotation antérieurs, y compris 2D)

Un fichier Jpeg pour les 2 vues:
Comme je part de plaques de verre qui contient les 2 vues droite et gauche, j'ai toujours des fichiers jpg qui contiennent les 2 vues ensemble.
Les métadonnées (titre, date, lieu, auteur ...) seront intégrées au fichier unique.
Alternative : d'éminents collègues ont l'habitude (héritée des diapositives parfois) d'avoir 2 fichiers séparés, droite et gauche.
Avec deux modalités possibles : soit une terminaison (_r, _l) soit 2 répertoires séparés.
Dans tous les cas on peut garder le même principe.

Les répertoires :

1_sources : le résultat de la numérisation, conservé tel quel.
2_intermédiaires : j’y fais une copie des sources, que je traite avec Photoshop pour équilibrer les densités et nettoyer.
3_cotecote : résultat de l’ajustement par SPM en restant en pleine grandeur
4_web : côte-à-côte en taille réduite pour publication (full HD max 1920x1080)
5_mpo : version mpo en full HD : je crée d’abord ces mpo avant les côte-à-côte web car cela permet d’avoir une vignette intégrée correspondant à une seule vue.

Les noms des fichiers (intermédiaire, cotecote, web, mpo) sont identiques; il n'y a que leur situation dans l'un ou l'autre répertoire qui les distinguent.
Il y a donc un "Ba_0046_010.jpg" dans chaque répertoire.
Il est souvent tentant de mettre les différentes formes dans un même répertoire avec préfixe ou suffixe ou extension permettant de les distinguer.
La répartition par répertoire me semble plus simple et efficace quand il y a beaucoup de fichiers.
De plus le transfert des métadonnées avec ExifTool (voir publication plus loin) utilise cette caractéristique.

Exemple :

Stéréos de Fernand Baldet sur la période 1911-1920 en Algérie,

Image : Ba_0046_010.jpg
- Lettres pour l’auteur : Ba
Héritage de novice : j’ai pris ‘Ba’ au lieu de ‘BAL’ pour Baldet
- Numéro de boite : boite 0046,
cette numérotation résulte de débuts de numérotation antérieurs.
- Numéro dans la boite : 010

2) Numérisation

2 manières sont possibles : par scan ou par photographie avec appareil sur pied.

Numérisation par scan EPSON V700.
Ce scan a été acquis pour toutes sortes de supports ; il permet le nettoyage des poussières (ICE) pour les films couleurs et diapos (mais pas pour le N&B).
Pour ces dimensions (6 x 13 ou moins), scan par groupe de 4, face argentique contre la vitre.
Assez souvent, réglage manuel de courbe de rendu par plaque, notamment parce que le réglage automatique par plaque tient compte des bords et de la zone centrale quand elle existe.
Je scanne les négatifs en niveaux de gris. Pour les positifs, mon scan n'ayant pas l'option voulue je scanne en couleur puis transforme sous Photoshop.
Résultat un jpeg côte-à-côte par plaque dans répertoire 1_sources.

Remarque de Dominique Gerbaud :
" J'ai comme toi un scanner Epson V700, mais comme j'ai trouvé le mode d'emploi vraiment court, voire insuffisant, je me suis offert Silverfast, un logiciel allemand pour le pilotage fin de notre scanner préféré; je trouve qu'il en étend les possibilités. "

Comme indiqué dans le document [1], les négatifs en niveaux de gris doivent donner lieu inversion (symétrie axe horizontale) et échange gauche/droite.

Scanner en niveaux de gris ou en couleurs ?
J'ai réalisé la plupart de mes scans en niveau de gris, mais plusieurs collègues estiment préférable de scanner en couleur (trichromie), voir ci-dessous une remarque à la fin de "Equilibrage des densités de gris"

Plan films : le fond Baldet comprend une centaines de plans films en 7x13 (Stérélux, 1934) qui se gondolent.
J'avais bricolé un guide : soit il est assez fin et il est inopérant; soit il empiète sur une grande partie des images, .
Aplanir avec un verre un peu mince conduit à des anneaux de Newton. Un morceau de plexiglass épais (12 mm) trouvé et coupé au BHV fait l'affaire.
Remarque de Dominique Gerbaud :
" Pour les négatifs qui gondolent, je me suis fait découper une plaque de verre de 10 mm, sur laquelle J'ajoute en cas de besoin un ou deux dictionnaires. "

Le plus souvent je tiens un bloc-notes par boite qui sera enregistré dans le même répertoire, comme fichier .txt avec la même numérotation que la boite de photos (ex : Ba_0046.txt).
J’y mets les informations présentes sur la boîte (et parfois dedans) ainsi que les inscriptions sur la plaque qui deviendraient peu lisible à la suite d’un réglage du scan.

Après numérisation tous les fichiers sont copiés dans le répertoire 2_intermédiaires en vue du traitement ultérieur (densité et nettoyage).

Alternative : d'éminents collègues procèdent par photographie avec appareil sur pied et table lumineuse (cf. papier Huet/Chailloux [1]).
Mon choix personnel est lié à la disponibilité du scan et non à un raison de comparatif avantages/inconvénients.

3) Equilibrage densité et nettoyage

J’ouvre la photo dans Photoshop (Eléments), à partir du répertoire 2_intermédiaires et je sauvegarderais le résultat au même endroit en écrasant ce fichier.
En cas de grosse erreur, je pourrais repartir du fichier conservé dans le répertoire 1_source et le recopier à nouveau dans le répertoire 2_intermédiaires.
J'utilise Photoshop Eléments et non le Photoshop CC professionnel (plus cher), car Photoshop Eléments me suffit.
Un comparatif rapide de logiciel de retouches a été réalisé pour le SCF.

Equilibrage des densités de gris, "Régler l'éclairage".

Souvent les 2 vues n'ont pas le même éclairage et il y a des zones qui sont plus ou moins sombres ou claires dans chaque vues.
Dans SPM, il y a un "ajustement couleur automatique" qui ne suffit pas (pouvant entrainer de l'isohélie dans des zones très claires ou très sombres).
De plus, l'échelle des gris ne va pas toujours du plus sombre au plus clair, quand la prise de vue (ou le réglage du scanner) a été influencé par les bords.
D'où une intervention dans Photoshop

- Ajustement global de chacune des 2 vues.
Repérage des valeurs cible par sélection de la zone utile de l’image (hors bords qui ont souvent des densités très différentes).
Je règle les niveaux, mémorise les valeurs, annule le réglage ; puis je sélectionne la vue entière avec bord et je règle les niveaux avec les valeurs mémorisées.
Pour la vue gauche : en plus éclaircir les tons foncés.
- A gauche de chaque vue il y a des densités problématiques : très sombre pour la vue gauche, très claire pour la vue droite.
Je sélectionne la zone à traiter avec contour progressif très important ; quand la sélection déborde sur l’ancienne vue, je désélectionne la partie ad hoc avec contour progressif nul ; réglage de l’éclairage.
Eventuellement processus répété, d’abord sur sélection large puis sélection plus ciblée afin de minimiser les effets de transition.

Cliquer sur l'image ci-dessous pour voir une petite vidéo :


- Correction sur zone localisée, autre méthode avec l’outil densité + ou -. Sélection de la zone avec contour progressif important.
Utilisation d’une taille très importante de l’outil densité afin de couvrir toute la zone en une seule passe ; et choix de tons foncés/moyens/clairs avec niveau d’exposition. Tâtonnement.

Remarque de Dominique Gerbaud :
" Que les images soient en noir et blanc ou en couleurs, je les scanne systématiquement en trichromie. Pour les N/B, comme on le constate sur les histogrammes, les couches ne contiennent pas la même chose; il me semble qu'on récupère plus avec la trichromie qu'avec un scan en gris, puis on peut régler chacune des couches séparément.
Quand je scanne des négatifs, je laisse croire à Silverfast qu'il s'agit de positifs, J'inverse après, les résultats me paraissent meilleurs.
J'utilise aussi, mais pas systématiquement, le réglage par courbes du scanner.
J'ai donc un Photoshop CS5. Je préfère ne pas utiliser le réglage Niveaux, car il revient, pour augmenter la largeur de l'histogramme, à supprimer le bas de la courbe, ou le haut, ou les deux; même s'il y a apparemment peu de choses dans les parties supprimées, il y a souvent quelque chose que je trouve dommage de perdre.
Pour augmenter la largeur de l'histogramme, J'utilise Image / Appliquer une image / Densité linéaire +, et je règle le pourcentage à ma convenance. Appliquer une image étend l'histogramme vers les couleurs sombres. Si J'ai besoin d'étendre les couleurs claires, je recommence sur une image inversée (transformée en négatif Image / Réglage / Négatif). Eventuellement, J'utilise Appliquer une Image couche par couche.
Ensuite J'utilise Image / Réglage / Courbes, et J'ajuste successivement les trois couches.
Lorsque l'équilibre de mes images me convient, pour le noir et blanc je fais une désaturation (Image / Réglage / Désaturation) qui me donne une image en niveaux de gris. S'il s'agissait d'une image sépia, je retourne dans Image / Réglage / Courbes, et en agissant sur le bleu et le vert (éventuellement le rouge) je recrée le sépia que je veux.
"

Anti-poussière (Filtre).

Très performant pour les ciels et grandes zones n’ayant pas que de faibles contrastes
Utilisation par menu Filtre / Bruit / Antipoussière … :
Se familiariser avec le carré de contrôle et le réglage des valeurs
D’abord sélection de la zone à traiter.
S'il y a des éléments "pointus" (clochers, antennes, poteau, mats, ...) le contour progressif risque d'englober un bout de ces éléments.
S'il y a du grain qui est lissé par le filtre, il est préférable d'utiliser un contour progressif.
Il sera alors possible d'enlever de la sélection les bouts d'éléments pointus en revenant à un contour non progressif.

Le petit tutoriel ci-dessous correspond à l'image Ba_0046 010.JPG (vue après traitement)
Cliquer sur l'image ci-dessous pour voir la petite vidéo :

Réglage de rayon et seuil.

Au besoin soustraction de la sélection de petites sous-zones contrastées.
Dans un autre exemple (Ba_0051_017.jpg, voir après nettoyage et densité )
j'ai sélectionné la surface de la neige et soustrait les petits éléments sombres en bas à gauche (tiges de plantes sortant de la neige) ;
puis j'ai réglé l'anti-poussière de sorte à conserver un peu de grain.
Détail ci-dessous (l'assombrissement correspond à l'équilibrage global des densités)

Tampon de duplication et Correcteur localisé. Ex : Ba_0054_003.JPG

Fonctionnement des outils pour points et tâches et rayures.

Le tampon de duplication permet de recopier une petite zone sur une autre; en choisissant bien la zone de départ on obtient un bon résultat.

Le correcteur localisé est un outil magique qui élimine des tâches ou rayures en tenant compte de l'environnement.
Si la zone à corriger est à cheval sur un trait ou une rupture franche de densité, alors l’outil est magique si on franchit nettement ce trait ou frontière de zone.

Cliquer sur l'image ci-dessous pour voir une petite vidéo :


Comparaison avec brosse-clone de SPM. 2 cas de figures :
a) il y a des zones de densités différentes dans les 2 vues malgré une échelle de densité globalement égale entre les vues ;
Ce cas se présente notamment quand le développement est inégal sur la surface sensible
La brosse clone va recopier un morceau d'élément trop clair ou trop sombre.
b) il n'y a pas de différences de densités significatives.
La brosse clone est plus précise à de bien régler l'écart entre les 2 vues : on est donc amené à repositionner les vues pour chaque correction.
L'outil correcteur localisé est beaucoup plus productif.
Cependant il existe des cas où le correcteur localisé donne un mauvais résultat; il vaut alors mieux réserver la correction de l'élément à SPM.

Clonage de zones

Dans le cas de densités un peu différentes dans la zone à traiter entre gauche et droite; on peut avoir des zones complexes à cloner avec Photoshop.
Voilà une procédure de clonage dans ce cas
Sélection large de la zone contenant le copier-coller à faire.
Positionnement de la copie en réglant densité du calque à 50% environ et en se repérant sur les éléments présents sur les 2 calques. Puis retour à 100%
Réglage de l’éclairage pour l’adapter à la cible.
Gomme des parties correspondant à des profondeurs différentes (en masquant le calque du fond).

4) Ajustement stéréo et cadrage

Le plus souvent l’ajustement automatique donne de bons résultats malgré les bords noirs ou blancs disparates entre les 2 vues.
Sinon faire un premier ajustement manuel (facile) ; éliminer la majeure partie des bords puis relancer l’ajustement automatique.

Très souvent, la disparité des points à l’infini est assez faible avec un dénominateur supérieur à 30 (j’ai une règle de déviation max de 4,2%)
et, en même temps il y a une assez forte perte de parties d'image qui n’apparaissent que sur une des vue.
Aussi, je rapproche l’image pour gagner du recouvrement (il sera toujours possible ensuite de reculer).

Ensuite : cadrage pour éliminer les bords, je cadre au plus juste afin d’obtenir un « côte-à-côte » avec le minimum de perte.

Ajustement de couleur automatique après ce cadrage (pour éviter l’influence des bords).
Dans certains cas cela conduit à des artefacts, notamment dans le ciel.

Utilisation de la brosse clone si besoin. Comme il y a eu recadrage, il sera facile de revenir à x=0, y=0 après utilisation de la brosse clone.

5) Publication.

- Récupération des informations disponibles et inscription dans les IPTC.
J'utilise l'outil ExifTool pour inscrire dans le fichier jpeg les métadonnées que sont les informations disponibles : titre, date, auteur, lieu, ...
Pour cela j'utilise un panneau de saisie des métadonnées sélectionnées, et des outils de transferts des métadonnées IPTC.
Cet ensemble d'éléments avec un mode d'emploi est disponible en téléchargement pour les membres du club.
Téléchargez le dossier compressé ExifToolPack.zip , décompressez-le et affichez le fichier ModeEmploiExifTool.htm.

- Création des ‘mpo’ et des ‘web’.
Le traitement par Photoshop crée une vignette (thumbnail) qui correspond à la paire gauche/droite.
La création d'un fichier mpo (en taille full HD en vue d'affichage sur une TV 3D) entraine la création d'une vignette correspondant à une seule vue.
En créant le fichier jpeg pour le web à partir du mpo, cette dernière vignette est transférée telle quelle par SPM

- Transfert des métadonnées.
SPM ne transfert que les EXIF techniques, et non les IPTC, j'utilise ExifTool pour transférer les IPTC

- Transfert des fichiers sur la base de données du site.

- Sélection de photos pour une présentation sous forme d’article et/ou de diaporama animé.

Le matériel