Mécanisme de l’accommodation en vision binoculaire (description simplifiée)

Le stimulus est le différentiel de netteté perçu par les rétines et transmis aux lobes occipitaux par les voies optiques.

La commande est initiée dans les lobes occipitaux et transmise dans les deux noyaux d’Edinger-Westfall, situés à gauche et à droite dans le tronc cérébral (sous le cerveau). Ces noyaux reçoivent aussi les informations venant de la convergence, font la synthèse des informations venant de l’œil droit et de l’œil gauche (accommodation et convergence) et des ordres venant du cerveau (hémisphère droit et hémisphère gauche) . Ils envoient des stimulations au muscle ciliaire qui déforme le cristallin pour régler l’accommodation et aux muscles oculomoteurs pour régler la convergence.

L’accommodation et la convergence sont donc deux fonctions différentes mais extrêmement bien reliées : c’est le couplage convergence/accommodation.

Elles fonctionnent en feed-back (rétro-contrôle) permanent : les centres de commande (cerveau et noyaux d’Edinger-Westfall) envoient des signaux de fonctionnement aux effecteurs (muscles ciliaire et oculomoteurs) qui leur renvoient des informations sur leur état, permettant ainsi à ces centres de commande de modifier en permanence le réglage.

L’accommodation fonctionne de façon quasi-réflexe, le cerveau ne peut pas la modifier (si vous fixez un point précis , vous ne pouvez pas décider de le voir flou, pour le voir flou, vous devez regarder plus loin ou plus près, mais alors c’est la convergence que vous modifiez).

Par contre, la convergence est une fonction « volontaire », c’est-à-dire commandée par le cerveau : c’est le cerveau qui décide quel point de l’espace il veut voir, et commande la convergence qui entraine automatiquement le réglage de l’accommodation sur le même point.

En vision naturelle binoculaire(vision d’une scène naturelle, d’un objet réel), l’accommodation et la convergence sont donc toujours réglées à la même distance. C’est un mécanisme physiologique qui n’est pas fatiguant et ne provoque pas d’effet indésirable.

En vision stéréoscopique (vision des deux images d’un couple stéréoscopique), l’accommodation et la convergence sont toujours découplées, car l’accommodation est toujours réglée à la distance de l’image (écran) alors que la convergence se fait, en fonction de l’écart des points homologues, sur une image située en avant ou en arrière de l’écran. C’est ce découplage qui nécessite un effort du cerveau et des muscles oculaires qui peut entrainer les effets indésirables d’une stéréoscopie mal adaptée (céphalées ,nausée, vertige, fatigue visuelle…)

Le même découplage doit être effectué en vision libre ( vision parallèle ou vision croisée) :l’accommodation reste réglée à la distance de l’image, alors que la convergence doit etre réglée à l’infini(en vision parallèle) ou en forte convergence (en vision croisée). Cet effort de découplage ne peut pas être réalisé par beaucoup de personnes, et peut entrainer des effets indésirables.

 convergence

Fonctionnement de l’accommodation en vision monoculaire

Dans cette situation , la fonction de convergence n’existe plus.

L’accommodation de l’unique œil fonctionnel est alors gérée de façon individuelle et est commandée sur un mode volontaire (on peut modifier la distance à laquelle on accommode).

Réflexe accommodatif : « incitation opto-motrice d’adaptation de vision en profondeur par l’intermédiaire des nerfs oculomoteurs … modifie la taille de la pupille, la forme du cristallin et l’angulation des axes visuels grâce à des structures musculaires différentes » prof. A.Péchereau CHU Nantes www.fnro.net, Gatinel Damien www.gatinel.com/recherche-formation/le-cristallin FMPMC-PS-enseignement d’optique, Sorbonne Université..