Cinéma en relief

L'histoire de référence du cinéma en relief reste à écrire. On peut en faire remonter l'origine à la caméra haute vitesse en relief de Lucien Bull, assistant d'Etienne Marey (1904) et au Stéréo-cinéma d'Emile Reynaud, breveté en 1907 mais resté sans suite. La première projection publique a lieu à New York en 1915.

Des films ont été tournés avec deux caméras côte-à-côte, notamment par Georges Méliès dès 1903 ou 1904 : par exemple « L'arrivée du train en gare de La Ciotat ».

Jusqu'en 1952, on en est encore aux premières avec The Power of Love, premier long métrage en anaglyphes, The Man from Mars, des courts métrages en 1922, les essais des frères Lumière et le premier film en relief en couleur, en 1933, la première pub en relief en 1939... Third Dimensional Murder en 1941 et le premier film en relief russe, Robinson Crusoe en 1947.

La période qui va de 1952 à 1954 est considérée comme le premier âge d'or avec plus de 50 longs métrages. Mais un premier déclin se fait déjà sentir en 1953.

Des années 1960 à 1980, la production continue. Ainsi, une trentaine de films sont réalisés avec le procédé Stereovision en une vingtaine d'année.

De 1980 au début des années 2000, une première renaissance vient de l' Imax. Mais la seconde vague viendra du numérique avec Gost of the Abyss en 2003 jusqu'à Coraline, Monstres conte Aliens et... Avatar en 2009.

La première chaîne de télévision réservée exclusivement au relief SKY 3D est créée en 2010 (images côte à côte) en Corée du sud, au moment où sont lancés les premiers téléviseurs 3D.

Les années suivantes amorcent un déclin, sur pour la télévision qui n'aura jamais vraiment pris (voir Z. Lomidze), relatif pour le cinéma qui donne lieu à des films de qualité comme Hugo Cabret(2011) , l'Odyssée de Pi, Le Lorax (2012), Gravity », L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet  (2013), The Walk », Au cœur de l'Océan, Les Minions (2015).

L'apparition du casque de réalité virtuelle grand public, en 2016 annonce, pour certains, une nouvelle vague où le cadre cinématographique classique explose littéralement.

Plusieurs modes de production sont désormais possibles : en relief natif, par conversion 2D > 3D, par modélisation 3D.

Les films produits peuvent être fondés sur des images de vues réelles, de synthèse ou mixtes (effets spéciaux).

Processus typique simplifié (cas d'un dessin animé) (source)

  • Esquisse,
  • Animatique,
  • Conception générale,
  • Animation 2D /Animation 3D, effets spéciaux (FX),
  • Compositing,
  • Mixage son,
  • Touche finale.

Le stéréographe peut intervenir à tous les stades (ref. C. T.) :

  • en préproduction pour les choix préliminaires (point de vue, cadrage, profondeur du relief...) ,
  • pendant le tournage (mise en scène, contrôle des paramètres de prise de vue base, convergence, focale),
  • en postproduction (alignement, ajustement, corrections diverses...).

Références

Céline Tricart, La Pratique de la Mise en Scène en 3D Relief, Baie des Anges, 2013

Miguel Almiron, Esther Jacopin, Giusy Pisano (dir.) Stéréoscopie et illusion, Archéologie et pratiques contemporaines : photographie, cinéma arts numériques, Septentrion, 2028

Ibrahim Alhashim, Three-Dimensional Video Postproduction and Processing, Simon Fraser University, July 2013

Version du graphique en haute définition