Vision partielle, vision complète du relief

Le but de la vision en relief est de donner à l’individu connaissance de l’état de son environnement et de l’évolution de celui-ci (par exemple chez l’animal prédateur, trouver la proie, et chez l’animal chassé, détecter le prédateur) afin de pouvoir interagir avec l’environnement.

La vision en relief produit la perception des distances relatives des divers objets (entre eux et par rapport à l’observateur) situés dans un espace à trois dimensions.

C’est une perception relative (d’une distance par rapport à une autre) qui nécessite l’existence de deux objets situés à des distances différentes de l’observateur (ou un objet de profondeur appréciable).

La vision en relief permet aussi de percevoir la rondeur (galbe, volume...) ou l'aspérité (protubérance, creux...) des sujets.

Le relief peut être perçu de deux façons par le système visuel :

La vision complète du relief s’opère par la vision binoculaire, en vision naturelle (en regardant l’environnement naturel) ou en vision stéréoscopique (en regardant des images stéréoscopiques). Elle permet la perception du relief dans tous les plans et toutes les parties de l’image, à tout instant.

La vision partielle du relief peut être obtenue soit en vision monoculaire à partir de l’environnement naturel ou d’images, soit en vision binoculaire, à partir d’images en 2D. Elle ne produit la perception du relief que dans certaines parties ou certains plans de l’image, ou à certains instants.

La perception partielle du relief peut être obtenue par divers moyens :

  • les indices monoculaires : perspective linéaire, recouvrement, gradient de textures, ombres, flou…Ce sont ces indices qu’utilise un borgne pour estimer les distances, ou que l’on utilise si on ferme un œil (même en fermant un œil, on peut se déplacer sans se cogner dans les murs ou les portes) ;
  • le mouvement (c’est-à-dire la quatrième dimension, le temps) en déplaçant l’objet ou le point de vue du spectateur. C’est « la 3D dynamique » utilisée en animation 3D (si on arrête le temps en faisant un arrêt sur image, l’impression de relief diminue, il ne reste plus que les indices monoculaires). C’est aussi la technique utilisée dans les gifs animés. Au cinéma, la succession des images peut donner une forte impression de relief. C’est le « relief cinétique ». Voir « Le relief est dans le mouvement » Bulletin n°889 p. 13. L’effet est parfois si réaliste que le public ne voit pas de différence avec la 3D stéréoscopique. Les stéréoscopistes ne s’y trompent pas.
  • le relief chromatique. En juxtaposant deux couleurs de fréquences très différentes, elles apparaissent à des distances différentes.

Ces divers moyens peuvent être conjugués pour accentuer l’impression de relief : en particulier perspective et mouvement.