Plusieurs méthodes permettent de reproduire ce que l'on voit , avec un appareil photo ordinaire pour les sujets immobiles, avec un appareil à deux objectifs ou avec deux appareils couplés.
Pour des sujet très proches ou lointain il faut faire varier l'écart entre les prises de vue, c'est l'hyper-stéréo et la proxy-stéréo. Cet écart appelé "base stéréoscopique" peut être calculé.
Pour produire une image stéréo qui n'entraîne pas de gêne pour le spectateur, il faut respecter certaines règles et éviter des défauts, voir article correspondant.


Par ailleurs, d'autres articles décrivent les méthodes de numérisation et de traitements de supports argentiques, plaques de verre et diapositives (voir Numériser et traiter des plaques de verre et diapositives).

 La prise de vues "normale"

Elle n’est pas plus "normale" que d’autres, mais seulement plus simple, plus facile à réaliser. L’image apparaît comme ce que vous avez vu au moment de la prise de vues. Elle s’étend dans l’espace, de deux ou trois mètres jusque très loin (au-delà de cent mètres, il n’y a plus beaucoup de relief).

Trois méthodes :

1) Prise de vues "en deux temps" avec un appareil photo ordinaire : prenez une première vue, déplacez-vous sur le côté, déclenchez à nouveau et visez bien les deux fois dans la même direction ( réservée aux sujets parfaitement immobiles). méthode parfois appelée "cha-cha".
     On peut aussi utiliser une réglette sur pied, notamment pour la proxy-stéréo.
     Voir la rubrique Démarrer

2) Utilisez un appareil "stéréo" à deux objectifs , ou un diviseur optique : on trouve encore des appareils d'occasion ou on peut placer un objectif avec diviseur optique sur un appareil reflex.
     Voir Appareils photo stéréo et diviseurs optiques

3) Fixez côte à côte deux appareils identiques et déclenchez-les en même temps ;
    -  Il faut les solidariser physiquement afin de garantir le parallélisme des objectifs. Pour obtenir une base proche de la base standard de 65 mm, on utilise généralement 2 compacts mis tête bêche avecun support en forme de Z : une Z-barre.   On peut aussi coupler 2 reflex ou hybrides en les décalant légèrement
    - Il faut synchroniser le déclenchement. La séance technique du 11 mai 2016 a porté sur la comparaison - avantages, inconvénients - de 6 couplages utilisés par nos collègues, cf. Lettre 992 de juin 2016.
      Pour assurer une bonne synchronisation, rien ne vaut StereoData Maker (SDM), voir : Synchronisation de 2 appareils avec SDM
    Voir Couplage de 2 appareils, synchronisation

 

Voir aussi : Caméras VR

 Les prises de vues particulières.

L'écartement entre les deux objectifs (ou les deux positions successives d'un même objectif) est appelé base stéréoscopique.
Pour reproduire normalement la réalité, on prend l'écart qui existe entre les 2 yeux, soit en moyenne 6,5 cm.
Pour des sujets  très lointain ou très proches, on utilise un écart plus grand ou plus petit, c'est l'hyper-stéréo ou la macro ou proxi-stéréo.

Hyper-stéréo :

Vous pouvez réaliser d’excellentes vues en relief d’objets très grands, s’étendant sur des kilomètres (montagnes, formations nuageuses, astronomie,...). On arrive à voir très bien le relief, mais les objets représentés paraissent très petits. Les deux vues sont prises de points très écartés.

Vous pouvez aussi réaliser d’excellentes vues en relief d’objets trop éloignés, inaccessibles. Les deux vues sont prises de points plus écartés avec une focale plus longue qu’habituellement.

Macro et proxi - stéréo
Vous pouvez de même réaliser d’excellentes vues en relief d’objets très petits (fleurs, insectes, même microscopiques (vues au microscope optique ou électronique), et voir ces objets très agrandis en projection en relief, c’est ce qui est habituellement appelé "macrostéréoscopie". Les deux vues sont prises de points très rapprochés.

De nombreux articles de la lettre et du Bulletin du S.C.F. ont été consacrés à la description de méthodes ou d’équipements adaptés à ces prises de vues particulières, réalisés par des membres du Club.

Un atelier pratique de prise de vue rapprochée (proxi-stéréo) d’objets statiques a été réalisé lors de la Séance technique 16/09/2015.
Les points abordés :
- Photo en 2 temps sur pied et réglette,
- Détermination de la base (distance entre les 2 prises de vue) en fonction des distances des 1er et dernier plans et de la focale.
- Éclairage
- Arrière-plan, parallaxe admissible...
Voir l'article sur un atelier de proxi-stéro (réservé aux adhérents)

L'art de la prise de vue stéréoscopique.

Produire une bonne image stéréo est quasiment un art.
La prise en compte du relief a des implications dans la composition de l'image d'une part.
D'autre part, plusieurs situations peuvent conduire à des couples stéréo difficiles ou gênant à regarder
Voir notamment : Défauts et règles

Le choix esthétique de la répartition du relief par la distance et la focale adaptées

Article de Régis Fournier paru dans le bulletin 855 de Janvier 2002, 2 pages, illustrations

Calculer la base stéréoscopique.

La "règle du trentième".
Choisissez une "base" (distance entre les deux objectifs ou entre les prises de vue en 2 temps) égale au trentième de la distance du premier plan, ou arrangez-vous pour que le premier plan soit à une distance égale à trente fois la base.
Cette règle, a le mérite de la simplicité ;  elle est valable pour des focales standards ni grand angle ni téléobjectif
    Par exemple avec un base de 50 à 70 mm (donc proche de l'écart interoculaire) , il suffit de reculer jusqu'à deux mètres environ du premier plan.
    Inversement, pour un premier plan éloigné, on peut écarter les 2 prises de vue du 1/30ème de la distance au 1er plan.
La règle du trentième a été définie, entre autres motivations, pour préserver le spectateur du risque d'excès de profondeur de relief, donc de photos difficiles à fusionner.
Elle garantit aussi la conformité, vue en projection, des images macro stéréo.
Les dérogations à cette règle concernent donc surtout les photos dans lesquelles les arrière-plans ne sont pas loin derrière les premiers plans,
   ou le cas des photos prises avec une courte focale et qui seront regardées avec une focale ordinaire (donc plus longue) ou d'assez loin (projection).
Quand un jaillissement est recherché (sans violation de fenêtre), c'est le plan que l'on souhaite au niveau de la fenêtre qui doit être pris en compte dans le calcul

Il est possible de réaliser un calcul plus précis en utilisant une abaque avec le diagramme de Quintana ou  une calculette le mettant en œuvre.

Diagramme de Quintana :
 - Explication complète du diagramme dans la Lettre du SCF n°958 pages 6 à 8. 
 - Générer un diagramme de Quintana en fonction du maximum de l’échelle de la distance au dernier plan et de la déviation.

Le site de Pierre Meindre (www.stereoscopie.fr) propose une calculette interactive sous 2 formes :
- BaseCalc : Une calculatrice de base stéréo qui tient dans la poche pour smatphone sous Android et Pocket PC
- BaseCalc2 : Une calculatrice de base stéréo qui fonctionne directement dans votre navigateur web.

Ces calculettes utilisent une formule dérivée de celle de  Bercovitz :

Base= (MAOFD) /Focale) x ((dMin x dMax) / (dMax-dMin))

- Base: base stéréo, écart entre les objectifs ou entre les deux positions successives d'un même appareil (mode cha-cha).

- MAOFD :  « Maximum Acceptable On Film Deviation » en anglais = déviation maximale acceptable sur le film ou capteur,
   elle est relative à l'angle de parallaxe confortable le plus élevé, pour un largeur de capteur de 36mm (= format 24x36mm) :  film de 35 mm ou capteur "plein format"   
   la valeur est généralement comprise entre
    1,2mm (3,3% de la largeur, ratio demandé pour Ies échanges ISU-Code ; pour une focale de 35mm, cela correspond à une règle proche du 1/30ème )
    et 1,5 mm (4,2% ; pour une focale de 45mm cela correspond à une règle du 1/30ème ;
     Ce taux  (3,3% et 4,2%, ou autre) peut être fixé à l'ajustement avec SPM dans les préférences (onglet  ajustement) par l'option "Utiliser la déviation (% de la largeur de l'image) suivante :" . 

 - Focale: Focale de l'objectif l'appareil photo équivalent 24x36
   (un multiplicateur doit être utilisé pour compenser des distances focales plus petites utilisées sur les appareils photo numériques à capteur plus petit, ex : 1,5 pour capteur APSC).

-  dMin: distance de l'objet le plus proche (distance au premier plan).

-  dMax: distance de l'objet le plus éloigné (distance de l’arrière-plan).

Remarque: la formule utilisée est valide lorsque dMin est beaucoup plus grande que la longueur focale. Elle n'est donc pas correcte pour la macro-stéréophotographie.